Ce rapport étudie les liens entre responsabilité sociale des entreprises (RSE) et performance sur la période 2004-2012 dans les grands pays de l’OCDE. Nos résultats montrent que quatre grands facteurs permettent d’expliquer le lien entre RSE et performance. Premièrement, le contexte macroéconomique et la conjoncture, et notamment la crise de 2007-2008, ont modifié en profondeur le sens du lien RSE performance quel que soit le critère de responsabilité considéré (environnement, social, droits de l’homme, clients et fournisseurs). Deuxièmement, les caractéristiques propres des entreprises telles que le secteur d’activité et la réglementation nationale en matière de RSE sont essentielles : le lien RSE performance n’est pas le même pour les entreprises industrielles et les entreprises non industrielles, et pour les entreprises soumises à des régimes contraignants ou non en matière de reporting RSE. Troisièmement, la typologie des stratégies déployées compte : le lien RSE-performance s’appuie principalement sur la gestion des compétences, des carrières et des conditions de travail en matière sociale; sur l’intégrité des affaires et la sécurité des produits en matière de comportements sur les marchés, et sur le respect des droits de l’homme ou du travail.

Enfin, la nature des synergies (complémentarités) et des arbitrages (substituabilités) entre les différentes dimensions de la RSE est un facteur décisif pour comprendre leur impact sur la performance financière. Trois couples de dimensions de la RSE apparaissent comme complémentaires : la responsabilité sociale est complémentaire avec la responsabilité en matière environnementale d’une part et avec la responsabilité en matière de droits de l’homme d’autre part ; en outre, la responsabilité environnementale est complémentaire à la responsabilité vis-à-vis des clients et des fournisseurs. A l’inverse, un couple de dimensions de la RSE apparaît comme substituable : la responsabilité sociale et la responsabilité vis-à-vis des clients et des fournisseurs. Tout se passe comme si les entreprises trouvent rentable de répondre aux attentes de parties prenantes dont les intérêts ne rentrent pas directement en concurrence pour l’entreprise et sont relativement moins proches par exemple que les salariés et les clients et fournisseurs, deux catégories de parties prenantes face auxquelles les entreprises ont tendance à répondre alternativement ou isolément.

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Rapport d’étude pour la CFE-CGC, « La responsabilité sociale et la performance des entreprises », Sandra Cavaco et Patricia Crifo, septembre 2015.

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