Réformes des retraites: François Hommeril président confédéral de la CFE-CGC, syndicat de l’encadrement, est l’invité de 6h20 de France Inter.

Jeudi, le gouvernement a enclenché l’article 49.3 pour faire passer la réforme des retraites à l’Assemblée. Mais pour François Hommeril, « ça ne peut pas être la fin de l’histoire : on représente les Françaises et les Français qui sont contre cette réforme. On a développé l’argumentaire nécessaire pour démonter cette réforme, et les gens ont confiance en nous, on ne peut pas les décevoir« , dit le président confédéral de la CFE-CGC, principal syndicat des cadres.

Une nouvelle journée de mobilisation peut-elle convaincre Emmanuel Macron de faire machine arrière ? « Rien ne va convaincre Emmanuel Macron« , déplore-t-il, « mais nous on a réussi à convaincre trois Français sur quatre« , dit-il, rappelant que le référendum ou le recours constitutionnel sont des voies possibles. « Le gouvernement, là où il était sûr d’avoir un vote positif, a forcé le vote, et puis là où il était quasi-sûr d’avoir un vote négatif, a empêché le vote, et ça, les Français ne peuvent pas l’accepter« .

« On ne va nulle part avec des gens résignés »

Quelle forme va désormais prendre la mobilisation ? « Il faut toujours être créatifs« , affirme François Hommeril. Mais après des manifestations plus tendues jeudi soir, faut-il craindre que ça dégénère ? « Moi je le crains absolument, d’abord parce que notre mouvement est très populaire, aujourd’hui il est pacifique et je crains qu’il le reste, ensuite parce que le gouvernement mise sur la résignation des gens. Mais une mobilisation, c’est comme une mayonnaise, quand elle se décompose, c’est en deux éléments : d’un côté la résignation, de l’autre la colère. Et l’un et l’autre sont très mauvais. La colère, on ne la souhaite pas, et la résignation non plus : on ne dirige pas un pays ou une entreprise avec des gens résignés, on ne va nulle part avec des gens résignés« .

Parmi les professions dont la grève est très visible, il y a les éboueurs, avec un bras de fer sur la réquisition. « C’est une disposition qui existe, mais c’est une forme politique que chacun analysera avec son jugement. Cette grève dont tout le monde se plaint, elle laisse à voir le travail de ceux qui sont des invisibles« , rappelle-t-il. « C’est pas mauvais non plus qu’on voie de temps en temps le travail de ceux qu’on ne voit jamais« . Cela permet aussi, selon lui, de montrer que la réforme cible aussi ces professions plus fragiles.

« On se méfie des gens qui disent « ma porte est toujours ouverte » »

Aujourd’hui, les syndicats souhaitent-ils encore être reçus par Emmanuel Macron ? « On lui a fait un courrier, on a reçu une fin de non recevoir. C’est facile de dire que la porte est toujours ouverte. Dans les entreprises, on se méfie des gens qui disent « viens me voir quand tu veux, ma porte est toujours ouverte ». Ce ne sont pas toujours les gens les plus accueillants« .

La question d’un changement à la tête de l’exécutif ? « Je n’ai pas grand chose à dire par rapport à ça« , répond François Hommeril, qui dit avoir toujours considéré avoir fait un bon travail avec Elisabeth Borne, notamment lorsqu’elle était ministre du Travail. Mais, rappelle-t-il, « celui qui fixe la politique, c’est Emmanuel Macron et son entourage« .

François Hommeril invité de France Inter

 

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