François Hommeril a notamment affirmé vendredi 9 mars 2023 sur France info « qu’avec le gouvernement, on ne négocie pas ».

« La violence institutionnelle que l’on subit est inédite », a dénoncé vendredi 10 mars sur franceinfo François Hommeril, président de la Confédération française de l’encadrement – Confédération générale des cadres (CFE-CGC), alors que les sénateurs examinent le projet de réforme des retraites. Le gouvernement a demandé un vote unique au Palais du Luxembourg sur l’ensemble du texte, pour donner un coup d’accélérateur aux débats.

Selon François Hommeril, plusieurs éléments posent problème, dont le fait d’utiliser « une procédure particulière pour examiner un projet de loi aussi important, aussi structurant pour la société », le fait que le président du groupe Les Républicains au Sénat dise « il faut s’affranchir de l’opinion publique » ou encore la « procédure accélérée » utilisée par le gouvernement et « la déclaration d’Aurore Bergé à l’Assemblée nationale, qui dit qu’elle va exclure tous les députés ne qui voteront pas » la réforme.

« La réforme des retraites est de plus en plus entachée d’une espèce de précipitation, d’un manque de sang froid qui n’est pas tout à fait en rapport avec l’enjeu ».

« Trois personnes sur quatre » contre le projet 

Le mouvement social est « fort » parce que « trois personnes sur quatre dans la population nous soutiennent et veulent le retrait du projet », rappelle également le président de la CFE-CGC. « Plus de neuf personnes sur dix qui travaillent n’en veulent pas. » Et il assure que depuis deux mois, les syndicats ont « démonté pièce par pièce l’argumentaire du projet de loi ».

« Le projet était soi-disant nécessaire, on a démontré que ce n’était pas le cas. Il était soi-disant juste, on a démontré que ce n’était pas le cas. »

François Hommeril rappelle que les syndicats ont « envoyé une perche au président de la République », avec l’envoi d’une lettre jeudi 9 mars pour demander à être reçus par Emmanuel Macron. Le chef de l’État n’y a pas répondu favorablement, mais a affirmé rester « à l’écoute ». L’interpellation du président par l’intersyndicale était « pour dégager et tracer une voie de sortie parce qu’on est très inquiets », estime encore le représentant syndical, dénonçant « un irrationnel constitutionnel, un irrationnel sociétal ». 

La CFE-CGC reconnaît cependant qu’il y a eu « de nombreux échanges » avec l’exécutif. Mais le syndicat affirme « qu’avec le gouvernement, on ne négocie pas. Nous, les organisations syndicales, on a l’habitude de négocier avec les employeurs au niveau national, dans les entreprises, on en connaît les règles et les codes ».

« Aucune marge de manœuvre » 

Mais selon lui, le gouvernement ne veut « rien déléguer » aux syndicats. Emmanuel Macron n’a « qu’une obsession », celle « d’expulser les partenaires sociaux du champ national des interactions sociales telles que normalement, notre démocratie le prévoit ». Il n’y a donc « aucune marge de manœuvre », selon François Hommeril. « Emmanuel Macron lui-même l’a dit : les syndicats, c’est dans les entreprises et nulle part ailleurs. Et tout ce qu’il fait, tout ce qu’il fait faire à ses gouvernements, va dans ce sens-là. »

Images liées: